Amour, humilité et renouveau spirituel au quotidien
L'Ordre des Petits Frères , connu sous le nom de Pauliniens, est une communauté caractérisée par une profonde humilité, le service et la prière. Depuis plus de cinq siècles, il œuvre à travers le monde pour apporter aux gens réconfort, renouveau spirituel et espoir. À Vranov-u-Brna, les Pauliniens perpétuent l’héritage de leur fondateur, saint François de Paule, non seulement en prenant soin de l’église et de la vie spirituelle des fidèles, mais aussi en faisant preuve d’ouverture envers tous ceux qui recherchent la paix, le réconfort et un sens à leur vie, qu’ils se trouvent à l’intérieur de l’église ou au-delà de ses murs.
La légende de saint François de Paule
François de Paule (1416–1507) est né dans la petite ville calabraise de . Dès son plus jeune âge, il était perçu comme un homme doté d’une sensibilité extraordinaire envers Dieu et sa volonté. La légende raconte que, enfant, il fut guéri d’une grave maladie des yeux par l’intercession de . En signe de gratitude, il décida de consacrer sa vie à Dieu dans le silence et la prière. Il se retira dans le désert, où il commença à mener une vie d’ascèse et de jeûne rigoureux. Sa réputation de sainteté et de miracles s'est répandue, et d'autres hommes, désireux de mener une vie similaire, sont venus se joindre à lui dans sa grotte. C'est ainsi qu'est née la première communauté de l'ordre, qui a ensuite reçu le nom de « Minimes » – les plus petits.
La fondation de l'ordre et sa mission
En 1474 approuva un nouvel ordre qui se distinguait des ordres religieux courants de l'époque : aux vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance s'ajoutait un quatrième vœu, celui du jeûne permanent et de l'abstinence de viande. L'ordre reçut le nom d'Ordo Minimorum (OM) – Ordre des Frères Mineurs. François voulait que ses frères ne se placent au-dessus de personne, mais qu’ils soient au service de tous. Leur devise devint ce mot simple, mais profond :
Charitas
– l’Amour.
L'ordre dans le monde
Après la mort de saint François, l'ordre s'est étendu à toute l'Europe. Les Pauliniens fondèrent des monastères non seulement en , mais aussi en , en et en . Ils se sont attiré une vénération particulière grâce à leur ouverture envers les personnes vivant hors des murs du monastère : ils soignaient les malades, prenaient soin des pauvres et offraient un accompagnement spirituel aux laïcs. Leur présence était souvent associée à des lieux d’une influence spirituelle particulière, des sources, des églises de pèlerinage et des lieux de guérisons miraculeuses.
L'Ordre dans les terres tchèques
Les Pauliniens sont arrivés sur notre territoire dès la fin du XVe siècle. En Bohême, ils ont fondé, entre 1501 et 1507, leur premier monastère près de Nová Bystřice (aujourd’hui le quartier de Klášter). En 1533, celui-ci fut incendié par les anabaptistes, mais il fut reconstruit après 1626. Aujourd’hui, il ne reste toutefois que l’église de la Sainte-Trinité et le « Couloir rouge » adjacent. Grâce aux Rožmberk, les Pauliniens eurent un autre lieu d’activité à Kuklov, près de Brloh. Le monastère ne fut toutefois jamais achevé et, comme cela arrive souvent, il fut plus tard transformé en brasserie. Aujourd’hui, il ne reste que les vestiges de l’église et une partie de la cour paradisiaque. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, un nouveau monastère fut érigé à Světce, près de Tachov. Nová Paka fut également un lieu d’implantation important : c’est là que fut construit, entre 1654 et 1724, un vaste complexe monastique baroque comprenant une église de pèlerinage, célèbre pour les œuvres de Petr Brandl et sa riche décoration à fresques. En Moravie, les Pauliniens étaient notamment actifs à Vranov, près de Brno. La fondation du monastère en 1633 fut l’œuvre des Ditrichštejn. En effet, c’est précisément à l’emplacement du futur monastère que le margrave Vilém, aveugle, avait recouvré la vue après une apparition de la Vierge Marie. La similitude avec François de Paula est pour le moins frappante. Les réformes joséphistes ont ensuite progressivement supprimé les monastères de l’Empire en 1784. Et tout semblait indiquer la fin des activités des Pauliniens dans les Terres tchèques et en Moravie. Mais après une interruption de plus de deux siècles, les Pauliniens sont revenus à Vranov-u-Brna en 1992 et y ont repris leur activité spirituelle et pastorale si nécessaire.
L'ordre à Vranov près de Brno
Vranov u Brna est aujourd’hui l’un des rares endroits des pays tchèques où les Frères Mineurs sont toujours présents. Le centre spirituel qu’ils y gèrent se trouve à proximité immédiate du sanctuaire de la Nativité de la Vierge Marie, un lieu lié à la légende de son apparition. Outre leur service religieux traditionnel, les Pauliniens s’occupent des pèlerins, organisent des retraites spirituelles et proposent un accompagnement aux personnes en quête de sens et de sérénité au cœur de notre époque trépidante.
Caritas – l'amour, un chemin pour aujourd'hui
Pour les Pauliniens, le mot d’ordre « Charitas » n’est pas seulement un symbole historique, mais un appel vivant. Il signifie des actes concrets d’amour : l’écoute, l’aide aux personnes dans le besoin, le soutien dans les moments difficiles. Dans un monde moderne souvent submergé par l’information et le rythme effréné, ils offrent quelque chose qui s’achète difficilement : du temps, de l’attention et la prière.
Des œuvres destinées au grand public et au-delà de l'Église
Les Pauliniens de Vranov-u-Brna comprennent que le service de Dieu ne se limite pas aux murs de l’église. C’est pourquoi ils s’investissent également dans le Centre spirituel, un lieu ouvert à tous – croyants et personnes en quête de sens. On y organise des séminaires, des retraites, des entretiens et des rencontres. On y parle de la vie sans pathos, mais avec une sincérité profonde. L’Évangile a ici le pouvoir de transformer les cœurs. Lorsque, au Centre spirituel, nous abordons les préoccupations, les joies et les défis concrets que beaucoup d’entre nous vivent au quotidien, nous en repartons avec une prise de conscience édifiante et la paix dans l’âme.